Bibliomanie

E.M.Cioran, Sul vuoto
di , numero 34, settembre/dicembre2013, Traduzioni, inediti e rari

Breve divagazione

L’antiformalismo di Cioran dipende da un punto di vista ontologico, che si differenzia radicalmente dall’idea di poesia di Mallarmé o di Valéry, per i quali la parola deve sostituirsi all’idea, poiché il linguaggio è fine a se stesso. Per Cioran le parole debbono restare in rapporto sostanziale con la realtà che indicano, benché tale designazione costituisca un mistero, ma un mistero che non deve fare problema. Il vuoto abissale che si può intravedere in fondo alle parole evoca il vuoto che si coglie in fondo alle cose.
In Précis de décomposition (1949) sono già tutte esposte le alterazioni e derive di cui egli è spettatore impassibile e impietoso. L’aforisma è l’arma che si costruisce per rendere più incisiva la sua distruzione sistematica. I bersagli sono la religione, la storia, il tempo, la morte, Dio. La poetica di Cioran è un’anti-poetica nella misura in cui pronuncia una condanna alla poetica intesa come esercizio di lucidità razionale di fronte al linguaggio e alla creazione estetica. Più il mistero della poesia resta inviolato, più ha la possibilità di agire sul reale.
Generalmente si parla di Cioran come di un pensatore che si vuole contraddistinguere sia dai filosofi e dalla filosofia (che non cessa di condannare), sia dalla comunità letteraria, cui si esita ad assimilarlo. In Syllogismes de l’amertume (1952) lampeggia una ‘teoria’ di figure che nessuna logica potrebbe governare: il tempo, la solitudine, l’erotismo, la musica, la storia, il vuoto. Poesia e prosa devono restare in contatto sostanziale con il valore intrinseco della scrittura, che resta fedele agli affetti, agli umori, al fondo emozionale da cui emana, senza tuttavia svilupparsi in argomento.
Cioran insegue il paradosso poetico di una scrittura d’energia, facendo leva sulla sua stessa economia: la concentrazione sintattico-semantica, la violenza bruta che la caratterizza. Tale scelta esprime l’esigenza di una essenzialità formale, di una sobrietà capace di garantire l’efficacia dell’aforisma. E nello stesso tempo indica il primato del lavoro sulla forma rispetto al senso. A partire da questo esercizio sulla forma, è opportuno riflettere sulla dimensione dello humour, che per Cioran è una forma di resistenza contro l’assurdità dell’esistere, resistenza puramente verbale in cui il pensiero si risolve in boutade – forma di scherzo che tuttavia induce a pensare fino all’autoderisione, fino a rendere caduca la visione pessimista che l’ha generata. Come se l’esistenza traesse il suo valore da ciò di cui si è voluto privarla.
Maestro ironico della propria prosa, Cioran denuncia la sterilità del virtuosismo tecnico. L’indigenza appella la forma, così come la morte del linguaggio è la condizione della sua salvezza. Tale scrittura sembra custodire in sé un’agonia perenne della forma, che l’aiuta a separarsi dalla definizione per aderire sempre più ai momenti di sprofondamento del reale. L’esperienza del vuoto, circostanziata da questi intervalli di delirio, comporta la sospensione, seppur momentanea, del desiderio che è all’origine del nostro divagare, spingendoci a proiettare dell’essere ovunque intorno a noi. Il vuoto porta a compimento, e quindi al suo esaurimento, l’idea di essere, senza lasciarsi esso stesso inghiottire in tale sprofondamento. È come se il vuoto sopravvivesse a ogni attacco che risulterebbe autodistruttivo per qualunque altra idea. Nel vuoto, che non è un’idea, rovinano tutte le idee e ogni avventura dell’“io”.
La ineluttabile e perniciosa tentazione sembra essere quella che vorrebbe convertire il vuoto in un surrogato dell’essere, stornandolo in tal modo dalla sua funzione essenziale, ovvero quella del distacco. Come aderire al vuoto senza desiderarlo? Prendendo il posto del tutto, il vuoto appare come una sorta di nulla privato delle sue qualità negative e, come un abisso senza vertigini, reca la certezza della nostra non-realtà. Esperita l’illusione lancinante cui sono in preda gli esseri, il vuoto di Cioran è una lezione di abdicazione, un appello al quietismo di essenza antitragica.

***

E. M. Cioran

Aux sources du vide.


Je crois au salut de l’humanité, à l’avenir du cyanure…

L’homme se relèvera-t-il jamais du coup mortel qu’il a porté à la vie ?

Je ne saurais me réconcilier avec les choses, chaque instant dût-il s’arracher au temps pour me donner un baiser.

Il n’est qu’un esprit lézardé pour avoir des ouvertures sur l’au-delà.

Qui, en pleine obscurité, se cherchant dans un miroir, n’y a vu projetés les crimes qui l’attendent ?

Si nous n’avions la faculté d’exagérer nos maux, il nous serait impossible de les endurer. En leur attribuant des proportions inusitées, nous nous considérons comme des réprouvés de choix, des élus à rebours, flattés et stimulés par la disgrâce.

Pour notre plus grand bien, il existe en chacun de nous un fanfaron de l’Incurable.

On doit tout réviser, même les sanglots…

Quand Eschyle ou Tacite vous semblent trop tièdes, ouvrez une Vie des Insectes – révélation de rage et d’inutilité, enfer qui, heureusement pour nous, n’aura ni dramaturge ni chroniqueur. Que resterait-il de nos tragédies si une bestiole lettrée nous présentait les siennes ?

Vous n’agissez pas, cependant vous ressentez la fièvre des hauts faits ; sans ennemi, vous menez un combat épuisant… C’est la tension gratuite de la névrose et qui donnerait même à un épicier des frissons de général battu.

Je ne puis contempler un sourire sans y lire : « Regarde-moi ! c’est pour la dernière fois. »

Seigneur, ayez pitié de mon sang, de mon anémie en flammes !

Ce qu’il nous faut de concentration, d’industrie et de tact, pour détruire notre raison d’être !

Quand je m’avise que les individus ne sont que des postillons que crache la vie, et que la vie elle-même ne vaux guère mieux en regard de la matière, je me dirige vers le premier bistrot avec l’idée de n’en jamais sortir. Et cependant y viderais-je mille bouteilles, qu’elles ne sauraient me donner le goût de l’Utopie, de cette croyance que quelque chose est encore possible.

Chacun se confine dans sa peur, – sa tour d’ivoire.

Le secret de mon adaptation à la vie ? – J’ai changé de désespoir comme de chemise.

Dans tout évanouissement, on éprouve comme une dernière sensation – en Dieu.

Mon avidité d’agonies m’a fait mourir tant de fois qu’il me paraît indécent d’abuser encore d’un cadavre dont je ne peux plus rien tirer.

Pourquoi l’Être ou un autre mot à majuscule ? Dieu sonnait mieux. Il eût fallu le garder. Car n’est-ce point les raisons d’euphonie qui devraient régler le jeu des vérités ?

À l’état de paroxysme sans cause, la fatigue est un délire, et le fatigué, le démiurge d’un sous-univers.

Chaque jour est un Rubicon où j’aspire à me noyer.

On ne trouvera chez aucun fondateur de religion une pitié comparable à celle d’une malade de Pierre Janet. Elle avait, entre autres, des crises au sujet de « ce malheureux département de Seine-et-Oise qui enserre et contient le département de la Seine sans pouvoir jamais s’en débarrasser ». En pitié, comme en tout, l’asile a le dernier mot.

Dans nos rêves perce le fou qui est en nous ; après avoir commandé nos nuits, il s’endort au plus profond de nous-mêmes, dans le sein de l’Espèce ; quelquefois pourtant nous l’entendons ronfler dans nos pensées…

Qui tremble pour sa mélancolie, qui a peur d’en guérir, avec quel soulagement il constate que ses craintes sont mal fondées, qu’elle est incurable !

« D’où vous viennent vos aires avantageux ? – J’ai réussi à survivre, voyez-vous, à tant de nuits où je me demandais : vais-je me tuer à l’aube ?

L’instant où nous croyons avoir tout compris nous prête l’apparence d’un assassin.

Nous ne débouchons sur l’irrévocable qu’à partir du moment où nous ne pouvons plus renouveler nos regrets.

Ces idées survolent l’espace, et qui, tout à coup, se heurtent aux parois du crâne…

Une nature religieuse se définit moins par ses convictions que par le besoin de prolonger ses souffrances au-delà de la mort.

J’assiste, terrifié, à la diminution de ma haine des hommes, au relâchement du dernier lien qui m’unissait à eux.

L’insomnie est la seule forme d’héroïsme compatible avec le lit.

Pour un jeune ambitieux, il n’est plus grand malheur que de frayer avec des connaisseurs d’hommes. J’en ai fréquenté trois ou quatre : ils m’ont achevé à vingt ans.

La Vérité ? Elle est dans Shakespeare ; – un philosophe ne saurait se l’approprier sans éclater avec son système.

Lorsqu’on a épuisé les prétextes qui incitent à la gaieté ou la tristesse, on en arrive à les vivre, l’une et l’autre, à l’état pur : on rejoint ainsi les fous…

Après avoir si souvent dénoncé chez les autres la folie des grandeurs, comment sans ridicule pourrais-je me croire encore l’homme inefficace par excellence, le premier parmi les inutiles ?

« Une seule pensée adressée à Dieu vaut mieux que l’univers » (Catherine Emmerich). – Elle a raison, la pauvre sainte…

N’atteignent à la folie que les bavards et les taciturnes : ceux qui se sont vidés de tout mystère et ceux qui en ont trop emmagasiné.

Dans l’effroi – mégalomanie à rebours –, nous devenons le centre d’un tourbillon universel, tandis que les astres pirouettent autour de nous.

Quand sur l’Arbre de la Connaissance une idée est assez mûre, quelle volupté de s’y insinuer, d’y agir en larve, et d’en précipiter la chute !

Pour ne pas insulter aux croyances ou au labeur des autres, pour qu’ils ne m’accusent ni de sécheresse ni de fainéantise, je me suis lancé dans le Désarroi jusqu’à en faire ma forme de piété.

L’inclination au suicide est caractéristique des assassins timorés, respectueux des lois ; ayant peur de tuer, ils rêvent de s’anéantir, sûrs qu’ils sont de l’impunité.

« Quand je me rase, me disait un demi-fou, qui, sinon Dieu, m’empêche de me couper la gorge ? » La foi ne serait, en somme, qu’un artifice de l’instinct de conservation. De la biologie partout…

C’est par peur de souffrir que nous nous évertuons à abolir la réalité. Nos efforts couronnés, cette abolition même se révèle source de souffrances.

Qui ne voit pas la mort en rose est affecté d’un daltonisme du cœur.

Pour n’avoir pas su célébrer l’avortement ou légaliser le cannibalisme, les sociétés modernes auront à résoudre leurs difficultés par des procédés autrement expéditifs.

Le dernier recours de ceux que le sort a frappés est l’idée du sort.

Combien j’aimerais être une plante, dussé-je veiller un excrément !

Cette foule d’ancêtres qui se lamentent dans mon sang… Par respect pour leur défaites, je m’abaisse aux soupirs.

Tout persécute nos idées, à commencer par notre cerveau.

On ne peut savoir si l’homme se servira longtemps encore de la parole ou s’il recouvrera petit à petit l’usage du hurlement.

Paris, point le plus éloigné du Paradis, n’en demeure pas moins le seul endroit où il fasse bon désespérer.

Il est des âmes que Dieu lui-même ne pourrait sauver, dût-il se mettre à genoux, et prier pour elles.

Un malade me disait : « À quoi bon mes douleurs ? Je ne suis pas poète pour pouvoir m’en servir ou en tirer vanité. »

Lorsque, liquidés les sujets de révolte, on ne sait plus contre quoi s’insurger, on est pris d’un tel vertige qu’on donnerait sa vie en échange d’un préjugé.

Dans la pâleur, notre sang se retire pour ne pas s’interposer entre nous et on ne sait quoi…

Chacun sa folie : la mienne fut de me croire normal, dangereusement normal. Et comme les autres me paraissaient fous, j’ai fini par avoir peur, peur d’eux et, plus encore, peur de moi-même.

Après certains accès d’éternité et de fièvre, on se demande pour quelle raison on n’a pas daigné être Dieu.

Les méditatifs et les charnels : Pascal et Tolstoï. Se pencher sur la mort ou l’abhorrer, la découvrir par l’esprit ou par la physiologie. Avec des instincts minés, Pascal surmonte ses alarmes, alors que Tolstoï, furieux de périr, rappelle un éléphant hagard, une jungle terrassée. On ne médite plus aux équateurs du sang.

Celui qui, par étourderies successives, a négligé de se tuer, se fait à soi-même l’effet d’un vétéran de la douleur, d’un retraité du suicide.

Plus j’avance en intimité avec les crépuscules, plus je m’assure que les seuls à avoir compris quelque chose à notre horde sont les chansonniers, les charlatans et les fous.

Atténuer nos affres, les convertir en doutes, – stratagème que nous inspire la lâcheté, ce scepticisme à l’usage de tous.

Accès involontaire à nous-même, la maladie nous astreint à la « profondeur », nous y condamne. – Le malade ? Un métaphysicien malgré lui.

Après avoir cherché en vain un pays d’adoption, se rabattre sur la mort, pour, dans ce nouvel exil, s’installer en citoyen.

Tout être qui se manifeste rajeunit à sa façon le péché originel.

Replié sur le drame des glandes, attentif aux confidences des muqueuses, le Dégoût fait de nous des physiologistes.

Si le sang n’avait pas ce goût fade, l’ascète se définirait par son refus d’être vampire.

Le spermatozoïde est le bandit à l’état pur.

Stocker des fatalités, se débattre entre des catéchismes et des orgies, se prélasser dans l’éperdu, et, nomade abruti, se modeler sur Dieu, cet Apatride…

Qui n’a connu l’humiliation ignore ce que c’est qu’arriver au dernier stade de soi-même.

Mes doutes je les ai acquis péniblement ; mes déceptions, comme si elles m’attendaient depuis toujours, sont venues d’elles-mêmes, – illuminations primordiales.

Sur un globe qui compose son épitaphe, ayons assez de tenue pour nous comporter en cadavres gentils.

Que nous le voulions ou non, nous sommes tous des psychanalystes, amateurs des mystères du cœur et du caleçon, scaphandriers des horreurs. Malheur à l’esprit aux gouffres clairs !

Dans les lassitudes, nous glissons vers le point le plus bas de l’âme et de l’espace, vers les antipodes de l’extase, vers les sources du Vide.

Plus nous fréquentons les hommes, plus nos pensées noircissent ; et lorsque, pour les éclaircir, nous retournons à notre solitude, nous y trouvons l’ombre qu’elles y ont répandue.

La sagesse désabusée doit remonter à quelque ère géologique : les dinosaures en crevèrent peut-être…

À peine adolescent, la perspective de la mort me jetait dans les transes ; pour y échapper, je me précipitais au bordel ou j’invoquais les anges. Mais, avec l’âge, on se fait à ses propres terreurs, on n’entreprend plus rien pour s’en dégager, on s’embourgeoise dans l’Abîme. – Et s’il fut un temps où je jalousais ces moines d’Égypte qui creusaient leurs tombes pour y verser des larmes, je creuserais maintenant la mienne que je n’y laisserais tomber que des mégots.

Fonte :
E. M. Cioran, « Aux sources du Vide », in Syllogismes de l’amertume, Œuvres, Paris, Quarto/Gallimard, 2003, pp. 806-813.

*** E. M. Cioran

Alle sorgenti del vuoto


Credo alla salvezza dell’umanità, all’avvenire del cianuro…

L’uomo, si riprenderà mai dal colpo mortale che ha inferto alla vita?

Non potrei riconciliarmi con le cose, quand’anche dovesse ogni istante strapparsi dal tempo per recarmi un bacio.

Solo una mente incrinata può avere aperture sull’aldilà.

Chi, cercandosi in uno specchio, in piena oscurità, non vi ha visto proiettati i crimini che l’attendono?

Se non avessimo la facoltà di esagerare i nostri mali, ci sarebbe impossibile sopportarli. Attribuendo loro proporzioni inusuali, ci consideriamo come reietti di qualità, eletti per sbaglio, blanditi e stimolati dalla disgrazia.

Per nostra grande fortuna, esiste in ciascuno di noi un rodomonte dell’Incurabile.

Occorre revisionare tutto, anche i singhiozzi…

Quando Eschilo o Tacito vi sembrano troppo tiepidi, aprite una Vita degli Insetti – rivelazione di rabbia e inutilità, inferno che, fortunatamente per noi, non avrà né drammaturgo né cronista. Cosa resterebbe delle nostre tragedie se una bestiola letterata ci presentasse le sue?

Anche se non agite, avvertite tuttavia la febbre dei grandi eventi; senza nemico, conducete un combattimento estenuante… È la tensione gratuita della nevrosi, la quale darebbe pure a un bottegaio fremiti da generale sconfitto.

Non posso contemplare un sorriso senza leggervi: “Guardami! È per l’ultima volta”.

Signore, abbi pietà del mio sangue, della mia anemia in fiamme!

Quanta concentrazione, abilità e accortezza ci occorre per distruggere la nostra ragion d’essere!

Quando mi accorgo che gli individui altro non sono che schizzi di saliva sputati dalla vita, e che la vita stessa non vale tanto di più rispetto alla materia, mi dirigo verso il primo bistrot con l’idea di non uscirne mai. E tuttavia le mille bottiglie che potrei scolarmi non sarebbero in grado di trasfondermi il gusto dell’Utopia, di quella credenza secondo cui qualcosa è ancora possibile.

Ognuno si confina nella propria paura, – la propria torre d’avorio.

Il segreto del mio adattamento alla vita? – Ho cambiato disperazione come si cambia camicia.

In ogni svenimento si prova come una sensazione ultima – in Dio.

La mia avidità di agonie mi ha fatto morire tante volte che mi pare indecente continuare ad abusare di un cadavere da cui non posso ricavare più nulla.

Perché l’Essere o un’altra parola con la maiuscola? Dio suonava meglio. Si sarebbe dovuto conservarlo. Poiché non sono forse le ragioni di eufonia che dovrebbero regolare il gioco delle verità?

In fase acuta immotivata, la stanchezza è un delirio, e l’estenuato, il demiurgo di un subuniverso.

Ogni giorno è un Rubicone in cui anelo affogare.

In nessuno tra i fondatori di religioni si troverà una pietà comparabile a quella di una paziente di Pierre Janet1. Ella soffriva tra le altre, delle crisi rispetto a “quello sventurato dipartimento della Seine-et-Oise che racchiude e comprende il dipartimento della Seine senza mai poter sbarazzarsene.” In materia di pietà, come in tutto, il manicomio è l’ultimo ad aver voce in capitolo.

Nei nostri sogni spunta il folle che è in noi; dopo aver diretto le nostre notti, si addormenta nel più profondo di noi stessi, in seno allo Specie; talvolta però lo sentiamo russare nei nostri pensieri…

Chi freme per la malinconia, chi paventa di guarirne, con quale sollievo constata l’infondatezza dei propri timori, e la sua incurabilità!

“Da dove proviene quella tua aria presuntuosa? – Sono riuscito a sopravvivere, pensate, a tante notti in cui mi chiedevo: mi ucciderò all’alba?”.

L’istante in cui crediamo di avere capito tutto ci conferisce la sembianza dell’assassino.

Sfociamo nell’irrevocabile solo a partire dal momento i cui non possiamo più rinnovare i nostri rimpianti.

Queste idee che sorvolano lo spazio e che, d’un tratto, cozzano contro le pareti del cranio…

Più che per le sue convinzioni, una natura religiosa si definisce per il bisogno di prolungare le sue sofferenze oltre la morte.

Terrificato, assisto alla diminuzione del mio odio per gli uomini, all’allentamento dell’ultimo legame che mi univa a loro.

L’insonnia è l’unica forma di eroismo compatibile con il letto.

Per un giovane ambizioso non esiste maggior sventura che frequentare conoscitori d’uomini. Ne ho frequentati tre o quattro: mi hanno dato il colpo di grazia a vent’anni.

La Verità? È in Shakespeare; – un filosofo non potrebbe farla sua senza esplodere col proprio sistema.

Una volta esauriti i pretesti che incitano all’allegria o alla tristezza, si giunge a viverle, entrambe, allo stato puro: in tal modo ci si congiunge ai folli…

Dopo aver così spesso denunciato negli altri la mania di grandezza, come potrei, senza cadere nel ridicolo, credermi ancora l’uomo inefficace per eccellenza, il primo fra gli inutili?

“Un solo pensiero rivolto a Dio vale più dell’universo” (Catherine Emmerich). – Ha ragione, povera santa…

Solo i ciarlieri e i taciturni raggiungono la follia: quelli che si sono svuotati di ogni mistero e quelli che ne hanno immagazzinato troppi.

Nello spavento – megalomania alla rovescia – , diventiamo il centro di un turbinio universale, mentre gli astri piroettano intorno a noi.

Quando sull’Albero della Conoscenza una idea è abbastanza matura, che voluttà insinuarvisi, agire al suo interno come una larva, precipitandone la caduta!

Per non essere un insulto alle credenze o alle fatiche degli altri, per evitare le loro accuse sia di aridità sia di fannullaggine, mi sono lanciato nello Sgomento sino a farne la mia forma di pietà.

L’inclinazione al suicidio è caratteristica degli assassini timorati, rispettosi delle leggi; avendo paura di uccidere, pensano di annientarsi, certi della loro impunità.

“Quando mi rado – mi diceva un mezzo matto – chi, se non Dio, m’impedisce di tagliarmi la gola?”. La fede non sarebbe, in definitiva, che un artificio dell’istinto di conservazione. Biologia ovunque…

Per tema di soffrire ci sforziamo di abolire la realtà. Coronati gli sforzi, questa stessa abolizione si rivela fonte di sofferenze.

Chi non vede la morte in rosa è affetto da un daltonismo del cuore.

Per non aver saputo celebrare l’aborto o legalizzare il cannibalismo, le società moderne dovranno risolvere le loro difficoltà con procedimenti diversamente sbrigativi.

L’ultimo rimedio di quanti la sorte ha colpito è l’idea della sorte.

Quanto mi piacerebbe essere una pianta, dovessi anche vegliare un escremento!

Questa folla di antenati che si lamentano nel mio sangue… Per rispetto delle loro sconfitte, mi abbasso ai sospiri.

Tutto perseguita le nostre idee, a partire dal cervello.

Non si può sapere se l’uomo si servirà ancora a lungo della parola o se ricupererà gradualmente l’uso dell’urlo.

Parigi, punto più lontano dal Paradiso: ciò nondimeno resta l’unico luogo in cui è bello disperare.

Vi sono anime che Dio stesso non potrebbe salvare, dovesse mettersi in ginocchio, pregando per loro.

Un ammalato mi diceva: “A che pro i miei dolori? Non sono poeta per poter servirmene o trarne vanità”.

Allorquando, liquidati gli argomenti di rivolta, non si sa più contro cosa insorgere, si è presi da una tale vertigine che si sarebbe disposti a dare la vita in cambio di un pregiudizio.

Nel pallore, il nostro sangue si ritira per non più interporsi tra noi e non si sa cosa…

A ciascuno la sua follia: la mia è stata di credermi normale, pericolosamente normale. E poiché gli altri mi parevano folli, ho finito per aver paura, paura di loro e, più ancora, paura di me stesso.

Dopo certi eccessi di eternità e di febbre, ci si domanda per quale ragione non ci si è degnati di essere Dio.

I meditativi e i carnali: Pascal e Tolstoj. Chinarsi sulla morte o aborrirla, scoprirla grazie allo spirito o attraverso la fisiologia. Con gli istinti distrutti, Pascal supera i suoi sgomenti, mentre Tolstoj, furioso di perire, ricorda un elefante sconvolto, una giungla abbattuta. Non si medita più agli equatori del sangue.

Colui che, per distrazioni successive, ha trascurato di uccidersi, fa a se stesso l’effetto di un veterano del dolore, di un pensionato del suicidio.

Più cresce la mia intimità con i crepuscoli, più mi convinco che gli unici ad aver compreso qualcosa nella nostra orda sono i canzonettisti, i ciarlatani e i pazzi.

Attenuare i nostri tormenti, convertirli in dubbi, – stratagemma che ci ispira la codardia, questo scetticismo alla portata di tutti.

Accesso involontario a noi stessi, la malattia ci costringe alla “profondità”, ne fa la nostra condanna. – Il malato? Un metafisico suo malgrado.

Dopo aver cercato invano un paese d’adozione, ripiegare sulla morte per insediarsi, in questo nuovo esilio, come cittadino.

Ogni essere che si manifesta rinnnova a suo modo il peccato originale.

Ripiegato sul dramma delle ghiandole, attento alle confidenze delle mucose, il Disgusto fa di noi dei fisiologi.

Se il sangue non avesse quel gusto insipido, l’asceta si definirebbe dal suo rifiuto di essere vampiro.

Lo spermatozoo è il bandito allo stato puro.

Accumulare fatalità, dibattersi fra catechismi e orge, abbandonarsi al travolgimento, e, nomade degenerato, modellarsi su Dio, questo Apolide…

Chi non ha conosciuto l’umiliazione ignora cosa significhi giungere all’ultimo stadio di se stesso.

I miei dubbi li ho acquisiti penosamente; le mie delusioni, come se mi attendessero da sempre, sono giunte da sé, – primordiali illuminazioni.

Su un globo che compone il suo epitaffio, diamoci un certo contegno per comportarci da bravi cadaveri.

Lo vogliamo o no, siamo tutti psicoanalisti, appassionati dei misteri del cuore e delle mutande, palombari degli orrori. Guai allo spirito dai baratri chiari!

Nell’estenuazione, scivoliamo verso il punto più basso dell’anima e dello spazio, verso gli antipodi dell’estasi, verso le sorgenti del Vuoto.

Più frequentiamo gli uomini, più i nostri pensieri si opacizzano; e quando, per rischiararli, torniamo alla nostra solitudine, vi troviamo l’ombra che essi vi hanno diffuso.

La saggezza disillusa deve risalire a qualche era geologica: i dinosauri ne creparono forse…

Appena adolescente, la prospettiva della morte mi gettava nell’angoscia; per sfuggirvi, mi precipitavo al bordello o invocavo gli angeli. Ma, con l’età, ci si abitua ai propri terrori, non s’intraprende più nulla per liberarsene, ci s’imborghesisce nell’Abisso. – E se c’è stato un tempo in cui invidiavo quei monaci dell’Egitto che scavavano le loro tombe per versarvi lacrime, ora scaverei la mia per lasciarvi cadere soltanto cicche.

Note

  1. Pierre Janet (1859-1947), neurologo e psicologo di Parigi, allievo e prosecutore di Charcot nelle sue prime ricerche sull’ipnotismo e l’isteria.[N.d.T.]