SONGE
di Joachim Du Bellay
nota e traduzione a cura di Salvatore Jemma
Verso il 1547, assieme a Ronsard, lascia Poitiers alla volta di Parigi per seguire le lezioni dell’ellenista Jean Dorat. Sotto la direzione di Dorat, studia gli autori antichi, preferendo quelli latini mentre Ronsard prediligeva i greci. Studia anche la lingua italiana e scopre così Petrarca (la sua prima raccolta di sonetti, nel 1549, L’Olive, sarà composta alla maniera dei sonetti petrarcheschi). Sempre nel 1549, pubblica la Défense et illustration de la langue françoise, concepita assieme a Ronsard; i Vers lyriques, e la Recueil de Poésie.
Sfibrato da tanto lavoro, Du Bellay s’ammala e per due anni patisce grandi sofferenze; probabilmente, è in questo periodo che comincia a perdere l’udito. Combatte i suoi dolori con la lettura e lo studio degli autori greci e latini; da questi studi verrà la traduzione in decasillibi del quarto libro de L’Eneide (1552); di questo periodo è anche il Complainte du désespéré, che evoca certamente il crollo, a 30 anni, del suo stato fisico.
Nel 1553 il cardinale suo cugino, già caduto in disgrazia, è richiamato da Enrico II che stava facendo guerra a Carlo V, per intraprendere un negoziato con papa Giulio III. In quell’occasione, accetta di portare con sé Joachim Du Bellay come segretario. A Roma, sede non solo del papato ma anche il luogo dove ogni artista e letterato sognava di vivere, Joachim Du Bellay nutre la doppia ambizione di carriera professionale e di sviluppo artistico; purtroppo le sue illusioni vengono ben presto, e doppiamente, frustrate. Il cardinale lo incaricò di tenere a bada i creditori, che premevano alla porta del palazzo dove risiedeva (si era circondato di una corte di oltre cento persone) per essere pagati. Questo compito gli fece scoprire la turpitudine e la corruzione che dilagavano per la città pontificia. Per chi si era nutrito degli autori latini, questa scoperta fu una specie di disperata disillusione. Questo stato lo indusse a vegetare nel suo posto di intendente, mentre in Francia i suoi amici conoscevano il successo presso la corte reale, sì che la nostalgia per il suo Paese si fece di giorno in giorno sempre più forte (come è possibile leggere nel sonetto XXXI dei Regrets).
Al suo ritorno in Francia, nel 1557, Joachim Du Bellay vuole riprendere posto tra i poeti di corte. Pubblica quanto aveva composto a Roma: nel 1558 escono Les Antiquités de Rome (il libro contiene, oltre al poema eponimo, anche il poemetto Songe), Les Regrets, Poemata, Jeux rustiques; Le Poète Courtisan è del 1559.
Joachim Du Bellay muore un anno dopo, il 1° gennaio 1560, a 37 anni.
Songe è, si può dire, il giusto complemento a Les Antiquités, un sogno che si trasforma in incubo, dopo la disillusione patita nella città eterna; disillusione che la fece apparire, ai suoi occhi, da luogo che aveva dato i natali ai grandi autori dei quali si era nutrito poeticamente, ora solo come un ammasso di decadenti rovine.
I
C’estoit alors que le present des Dieux
Plus doucement s’ecoule aux yeux de l’homme,
Faisant noyer dedans l’oubly du somme
Tout le soucy du jour laborieux,
Quand un Demon apparut à mes yeux
Dessus le bord du grand fleuve de Rome,
Qui m’appellant du nom dont je me nomme,
Me commanda regarder vers le cieux:
Puis m’escria: Voy (dit-il) et contemple
Tout ce qui est compris sous ce grand temple,
Voy comme tout n’est rien que vanité.
Lors, cognoissant la mondaine inconstance,
Puis que Dieu seul au temps fait resistance,
N’espere rien qu’en la divinité.
II
Sur la croppe d’un mont je vis une Fabrique
De cent brasses de hault. Cent columnes d’un rond
Toutes de diamant ornoient le brave front:
Et la façon de l’œuvre estoit à la Dorique.
La muraille n’estoit de marbre ny de brique,
Mais d’un luisant crystal, qui du sommet au fond
Elançoit mille raiz de son ventre profonde
Sur cent degrez dorez du plus fin or d’Afrique.
D’or estoit le lambriz, et le sommet encor
Reluisoit escaillé de grandes lames d’or:
Le pavé fut de jaspe, et d’esmeraulde fine.
O vanité du monde! un soudaine tremblement
Faisant crouler du mont la plus basse racine,
Renversa ce beau lieu depuis le fondement.
III
Puis m’apparut une Poincte aguisee
D’un diamant de dix piedz en carré,
A sa hauteur justement mesuré,
Tant qu’un archer pourroit prendre visee.
Sur cest poincte une urne fut posee
De ce metal sur tous plus honnoré:
Et reposoit en ce vase doré
D’un grand Cesar la cendre composee.
Aux quatre coings estoient couchez encor
Pour pedestal quatre grands lyons d’or,
Digne tumbeau d’une si digne cendre.
Las rien ne dure au monde que torment!
Je vy du ciel la tempeste descendre,
Et fouldroyer ce brave monument.
IV
Je vy hault eslevé sur columnes d’ivoire,
Dont les bases estoient du plus riche metal,
A chapiteaux d’albastre, et frizes de crystal,
Le double front d’un arc dressé pour la memoire.
A chaque face estoit protraicte une victoire,
Portant ælles au doz, avec habit Nymphal,
Et hault assise y fut sur un char triomphal
Des Empereurs Romains la plus antique gloire.
L’ouvrage ne monstroit un artifice humaine,
Mais sembloit estre fait de celle propre main
Qui forge en aguisant la paternelle fouldre.
Las je ne veulx plus voir rien de beau sous les cieux
Puis qu’un œuvre si beau j’ay veu devant mes yeux
D’une soudaine cheute estre reduict en pouldre
V
Et puis je vy l’Arbre Dodonien
Sur sept costaux espandre son umbrage,
Et les vainqueurs ornez de son fueillage
Dessus le bord du fleuve Ausonien.
Là fut dressé maint trophee ancien,
Mainte despouille, et maint beau tesmoignage
De la grandeur de ce brave lignage
Qui descendit du sang Dardanien.
J’estois ravy de voir chose si rare,
Quand de paisans une troppe barbare
Vint oultrager l’honneur de ces rameaux.
J’ouy le tronc gemir sous la congnee,
Et vy depuis la souche desdaignee
Se reverdir en deux arbres jumeaux.
VI
Une Louve je vy sous l’antre d’un rocher
Allaictant deux bessons. Je vis sa mamelle,
Mignardement joüer ceste couple jumelle,
Et d’un col allongé la Louve les lecher.
Je la vy hors de là sa pasture chercher,
Et courant par les champs, d’une fureur nouvelle
Ensanglanter la dent et la patte cruelle
Sur le menu troppeaux pour sa soif estancher.
Je vy mille veneurs descendre des montagnes,
Qui bornent d’un costé les Lombardes campagnes,
Et vy de cent espieux luy donner dans le flanc.
Je la vy de son long sur la plaine estendue
Poussant mille sanglotz, se veautrer en son sang,
Et dessus un vieux tronc la despouille pendue.
VII
Je vy l’Oyseau, qui le Soleil contemple,
D’un foible vol au ciel s’avanturer,
Et peu à peu ses ælles asseurer,
Suivant encor le maternel exemple.
Je le vy croistre, et d’un voler plus ample
Des plus hauts monts la hauteur mesurer,
Percer la nuë, et ses ælles tirer
Jusques au lieu, où des Dieux est le temple.
Là se perdit. Puis soudain je l’ay veu
Rouant par l’air un tourbillon de feu,
Tout enflammé sur la plaine descendre.
Je vy son corps en poudre tout reduit,
Et vy l’oyseau, qui la lumiere fuit,
Comme un vermet renaistre de sa cendre.
VIII
Je vis un fier Torrent, dont les flots escumeux
Rongeoient les fondemens d’une vielle ruine:
Je le vy tout couvert d’une obscure bruine,
Qui s’éslevoit par l’air en tourbillons fumeux:
Dont se formoit un corps à sept chefz merveilleux,
Qui villes et chasteaux couvoit sous sa poittrine,
Et sembloit devorer d’une egale rapine
Les plus doulx animaux, et les plus orgueilleux.
J’estois emerveillé de voir ce monstre enorme
Changer en cent façon son effroyable forme,
Lors que je vy sortir d’un antre Scythien
Ce vente impetueux, qui soufle la froidure,
Dissiper ces nuaux, et en si peu que rien
S’evanouïr par l’air ceste horrible figure.
IX
Tout effroyé de ce monstre nocturne,
Je vis un Corps hydeusement nerveux,
A longue barbe, à longflottans cheveux,
A front ridé et face de Saturne:
Qui s’accoudant sur le ventre d’une urne,
Versoit une eau, dont le cours fluctueux
Alloit baignant tout ce bord sineux,
Où le Troyen combattit contre Turne.
Dessous ses piedz une Louve allaictoit
Deux enfançons: sa main dextre portoit
L’arbre de paix, l’autre la palme forte:
Son chef estoit couronné de laurier:
Adonc luy cheut la palme, et l’olivier,
Et du laurier la branche devint morte.
X
Sur la rive d’un fleuve une Nymphe esploree
Croisant les bras au ciel avec mille sanglotz
Accordoit ceste plainte au murmure des flotz,
Oultrageant son beau teinct, et sa tresse doree:
Las où est maintenant ceste face honoree,
Où est ceste grandeur, et cet antique los,
Où tout l’heur et l’honneur du mond fut enclos,
Quand des hommes j’estois, et des Dieux adoree?
N’estoit-ce pas assez que le discord mutin
M’eut fait de tout le monde un publique butin,
Si cet Hydre nouveau, digne de cent Hercules,
Foisonnant en sept chefz de vices monstrueux
Ne m’engendroit encor à ces bords tortueux
Tant de cruelz Nerons, et tant de Caligules?
XI
Dessus un mont une Flamme allumee
A triple pointe ondoyoit vers les cieux,
Qui de l’encens d’un cedre precieux
Parfumoit l’air d’une odeur embasmee:
D’un blanc oyseau l’ælle bien emplumee
Sembloit voler jusqu’au sejour des Dieux,
Et dégoisant un chant melodieux
Montoit au ciel avecques la fumee:
De ce beau feu les rayons escartez,
Lançoient par tout mille et mille clartez,
Quand le degout d’une pluie doree
Le vint esteindre. Ô triste changement!
Ce qui sentoit si bon premierement,
Fut corrumpu d’une odeur sulphuree.
XII
Je vy sourdre d’un roc une vive Fonteine,
Claire comme crystal aux rayon du soleil,
Et jaunissant au fond d’un sablon tout pareil
A celuy que Pactol’roule parmy la plaine.
Là sembloit que nature et l’art eussent pris peine
D’assembler en un lieu tous les plaisirs de l’œil:
Et là s’oyoit un bruit incitant au sommeil,
De cent accords plus doulx que ceulx d’une Sirene.
Le sieges et relaiz luisoient d’ivoire blanc,
Et cent Nymphes autour se tenoient flanc à flanc,
Quand des monts plus prochains de Faunes une suyte
En effroyables criz sur le lieu s’assembla,
Qui de ses villains piedz la belle onde troubla,
Mist les sieges par terre, et les Nymphes en fuyte.
XIII
Plus riche assez que ne se monstroit celle
Qui apparut au triste Florentin,
Jettant ma veüe au rivage Latin
Je vy de loing surgir une Nasselle:
Mais tout soudain la tempeste cruelle,
Portant envie à si riche butin,
Vint assalir d’un Aquilon mutin
La belle Nef des autres la plus belle.
Finablement l’orage impetueux
Fit abysmer d’un gouphre tortueux
La grand’richesse à nulle autre seconde.
Je vy sous l’eau perdre le beau thresor
La belle Nef, et les Nochers encor,
Plus vy la Nef se ressourdre sur l’onde.
XIV
Ayant tant de malheurs gemy profondement,
Je vy une Cité quasi semblable à celle
Que vit le messager de la bonne nouvelle,
Mais basty sur le sable estoit son fondament.
Il sembloit que son chef touchast au firmament,
Et sa forme n’estoit moins superbe que belle:
Digne, s’il en fut onc, digne d’estre immortelle,
Si rien dessous le ciel se fondoit fermement.
J’estois esmerveillé de voir si belle ouvrage,
Quand du costé du Nort vint le cruel orage,
Qui souflant la fureur de son cœur despité
Sur tout ce qui s’oppose encontre sa venüe,
Renversa sur le champs, d’une pouldreuse nüe,
Les foibles fondemens de la grande Cité.
XV
Finablement sur le poinct que Morphee
Plus veritable apparoit à noz yeux,
Fasché de voir l’inconstance des cieux,
Je voy venir la sœur du grand Typhee:
Qui bravement d’un morion cœffee
En majesté sembloit egale aux Dieux,
Et sur le bord d’un fleuve audacieux
De tout le monde erigeoit un trophee.
Cent Roys vaincuz gemissoient à ses piedz,
Les bras aux doz honteusement liez:
Lors effroyé de voir telle merveille
Le ciel encor je luy voy guerroyer,
Puis tout à coup je la vis fouldroyer,
Et du grand bruit en sursault je m’esveille.
SOGNO
I
Era il momento in cui, degli Dei, il ricordo
Dolcissimo, si versa negli occhi dell’uomo,
Facendo annegare nell’oblio del sonno
Tutti gli affanni di un giorno di lavoro,
Quando uno Spirito apparve agli occhi miei
Sopra la riva del gran fiume di Roma,
E chiamandomi col nome che io porto,
Mi ordinò di volgermi al cielo:
Poi mi gridò: Guarda (disse) e contempla
Tutto ciò che ricopre il tempio immenso,
Guarda come non c’è che vanità, nel tutto.
La terrena incertezza, allora, comprendendo
Poiché Dio solo sa annullare il tempo,
In nulla altro spero che non sia il divino.
II
Sul dorso di un monte vidi un Palazzo
Di cento braccia alto. Cento colonne attorno
Ognuna di diamante, ornavano il petto ardito:
Era, di quelle, Dorica la fattura.
La muraglia non era in marmo né in mattoni,
Ma cristallo lucente, e per tutta l’altezza
Sprizzava mille raggi dal suo ventre profondo
Su cento gradini dorati, dell’oro più fine d’Africa.
D’oro era vestito, e sulla cima pure
A scaglie, lucevano grandi lamine d’oro:
Di diaspro, il pavimento, e di fine smeraldo.
O vanità del mondo! Un terremoto improvviso
Scuotendo, del monte, la sua più fonda base
Rovesciò quel bel luogo dalle sue fondamenta.
III
Poi mi apparve una Punta talmente aguzza
Di un diamante di dieci piedi quadrati,
Misurata la sua altezza, con precisione,
Sì che un arciere la poteva usare.
Su questa punta un’urna fu posata
Del metallo, il più nobile di tutti:
E, in quell’anfora dorata, riposavano
Le ceneri composte d’un gran Cesare.
E poi ai quattro angoli giacevano
Quattro leoni d’oro grandi, a piedistallo,
Tumulo degno di sì degne ceneri.
Ahimè, non resta che il dolore al mondo!
Vidi scendere, dal cielo, la tempesta
E folgorare l’ardito monumento.
IV
Vidi innalzato su colonne in avorio,
Con basi fatte del più ricco metallo
E d’alabastro i capitelli, e fregi in cristallo,
Il duplice frontone di un arco, in memoria eretto.
Ogni facciata stendeva una vittoria,
Con ali sul dorso e la veste ninfale,
Assisa in alto sopra un carro trionfale,
Era l’antica gloria d’Imperatori Romani.
L’opera non mostrava umano artificio
Ma sembrava uscita davvero dalle mani
Che, tra le fiamme, forgiano la folgore paterna.
Non volli ahimè vedere, al mondo, null’altro di bello
Poiché una tale opera, che videro i miei occhi,
Fu ridotta in polvere da un improvviso crollo.
V
E vidi quindi l’Albero Dodoniano
Posto su sette colli, spandere la sua ombra,
E i vittoriosi ornarsi del suo fogliame
Sopra la riva del fiume d’Ausonia.
Là molti trofei eressero, alla vittoria
Spoglie in gran numero e molti bei segni
Della grandezza di quel lignaggio ardito
Che discendeva dalla schiatta dei Dardani.
Ero rapito nel vedere cosa assai rara
Quando certi cafoni, una barbara truppa,
Fece oltraggio alla dignità di quei rami.
Udii gemere il tronco per i colpi di un’ascia
E poi vidi quel ceppo indignato
Rinascere in due alberi gemelli.
VI
Vidi una Lupa, nell’antro d’una rocca,
Nutrire due gemelli. Con la mammella
Graziosamente giocava quella coppia,
E li lambiva la Lupa, allungando il collo.
La vidi, da lì lontano, cercare il suo cibo
Correndo per i campi e, con novello furore
Insanguinare il dente e la zampa crudele
Su un piccolo gregge, a placare la sete.
Mille cacciatori vidi, discendere i monti
Che a lato cintano le campagne Lombarde,
E centinaia di lance vidi, colpirla nel fianco.
La vidi sulla pianura, lunga distesa
Mille singulti emettere, rotolarsi nel sangue,
E sull’alto di un tronco la sua spoglia appesa.
VII
Vidi l’Uccello, che il Sole contempla,
Avventurarsi nel cielo con debole volo,
E, poco a poco, far sicure le ali,
Così ora seguendo l’esempio materno.
Lo vidi salire e, con volo più ampio,
Prender l’altezza dei monti più alti,
Spingendo le ali, penetrando le nubi
Fino a quel luogo che è sede agli Dei.
Là fu perduto. D’improvviso lo vidi
Roteare per l’aria in turbinio di fuoco
E, tra le fiamme, scendere a terra.
Vidi il suo corpo ridotto in cenere
E vidi l’uccello, che la luce fuggì,
Come un lombrico, da sue ceneri uscire.
VIII
Vidi un feroce Torrente, i suoi flutti schiumosi
Le fondamenta rodevano, d’un rudere antico:
Di misteriosa brina, tutto coperto lo vidi
Che, turbinando, s’alzò per l’aria fumosa:
Da ciò, meraviglia, uscì un corpo a sette teste,
Che fattorie e castelli richiuse nel suo petto,
E sembrò divorare con uguale rapina
Le più gentili bestie e quelle più fiere.
Ero stordito nel vedere l’enorme mostro
Che, in cento modi, mutava la spaventosa forma,
Allorché vidi uscire, da un antro di Sciti,
Ecco, impetuoso, un vento che soffia il gelo
E le nubi spazzare e, meno che in nulla,
L’orribile figura far svanire per l’aria.
IX
Così spaventato da quel mostro notturno,
Un Corpo vidi, orribilmente possente,
Con lunga barba, capelli lunghiondeggianti,
Rugosa la fronte, saturnino il viso:
Quello, accostandosi al seno di un’urna,
Acqua versava, col suo corso ondoso,
Che tutta bagnava quella riva sinuosa
Dove il Troiano lottò contro Turno.
Ai suoi piedi, una Lupa allattava
Due bambinetti: nella destra stringeva
L’albero della pace, la forte palma nell’altra:
Era, il capo, coronato dal lauro:
Caduti allora, a lui, la palma e l’olivo
Il ramo del lauro subito si morì.
X
Sulla riva di un fiume, una Ninfa piangente
Incrociava le braccia al cielo con mille singulti
E il suo pianto, intonato al mormorio dei flutti,
Sfregiava il colorito bello, la sua treccia dorata:
Ahimè, dov’è ora uno sguardo onorato,
Dove la grandezza e dove l’antica gloria,
Dove ogni fortuna e onore del mondo, rinchiusi,
Quando da uomini e Dei ero così adorata?
Non era sufficiente che la ribelle discordia
M’avesse, del mondo, fatta pubblica spoglia,
Se questa nuova Idra, degna di cento Ercoli,
Copiosa di sette teste, quelle dei vizi orrendi,
Genera ancora, per queste rive sinuose,
Tanti crudeli Nerone e così tanti Caligola?
XI
Una lucente Fiamma, sopra un monte
A tre punte, ondeggianti verso il cielo,
Quella, l’incenso di un cedro prezioso
Spargeva, balsamico, profumando l’aria:
Un bianco uccello, le ali belle piume
Pareva tentare la sede degli Dei, in volo,
E snocciolando un canto melodioso
Saliva al cielo assieme a quei vapori:
Del bel fuoco, i raggi scagliavano disgiunti,
Ovunque, mille e mille chiarori,
Quando l’avversione di una pioggia dorata
Riuscì a prostrarlo. Oh, triste mutamento!
Quello che era, prima, così buon aroma
Fu guastato da sulfureo odore.
XII
Vidi sorgere, da una roccia, un vivo Fonte
Chiaro come cristallo ai raggi del Sole,
E somigliava, giallendo sul sabbioso fondo,
A ciò che Pattolo stende tra la piana.
Pareva che natura e arte si fossero degnati, là,
Di riunire in un luogo ogni piacere per l’occhio:
E là s’udiva un brusio conciliante il sonno,
Di cento accordi dolci, più che una Sirena.
Seggi e spuntoni lucevano d’avorio bianco,
E cento Ninfe intorno stavano fianco a fianco,
Quando, dai monti più prossimi, un corteo di Fauni
Con grida spaventose s’aggruppò in quel luogo,
Turbando, coi loro piedi volgari, le belle onde
I seggi sbalzarono a terra e le Ninfe misero in fuga.
XIII
Più ricca ancora di quella che, mostrandosi,
Apparve al triste Fiorentino,
Lanciando il mio sguardo alla riva Latina,
Vidi una Navicella sorgere lontano:
Ma sì tosto la crudele bufera,
Invidiando un tal ricco bottino,
Assalì col ribelle Aquilone
La bella Nave, la più bella fra tutte.
Alla fine, l’impetuosa tormenta
Inabissò in una fossa sinuosa
La gran ricchezza, a nessuna seconda.
Vidi perdersi nell’acqua il bel tesoro,
La bella Nave e pure i Nocchieri,
Poi vidi la Nave risorgere dall’onda.
XIV
Avendo intensamente sofferto tanti dolori,
Vidi una Città quasi simile a quella
Che vide il messaggero della buona novella,
Ma sulla sabbia erano, le fondamenta, erette.
Pareva che il suo apice sfiorasse il firmamento,
E non era, la sua forma, meno superba che bella:
Degna, se lo fu mai una, d’immortalità degna,
Se nulla, sotto il cielo, dura perennemente.
Ero sbalordito, ammirando un’opera sì bella,
Allorché, dalla costa Nord, calò un crudele uragano
Che soffiando furore dal suo cuore rabbioso
Su tutto ciò che incontro al suo cammino stava,
Subito ribaltò, in polverosa nube,
Le fondamenta fragili della grande Città.
XV
Alla fine, nel momento in cui Morfeo
Più reale appare ai nostri occhi,
Afflitto nel vedere l’infedeltà dei cieli,
Del gran Tifeo, la sorella vedo arrivare:
Arditamente, quella, il capo d’un morione cinto
Per maestà, pareva agli Dei uguale,
E sulla riva di un audace fiume
Eresse un trofeo sopra il mondo.
Cento Re vinti gemevano ai suoi piedi
Le braccia incatenate, con infamia, al dorso:
Turbato nel vedere, allora, tale meraviglia
Ancora vedo il cielo fare a lei guerra,
Poi, di botto, la vedo folgorare
E, dal rumore, di colpo mi sveglio.
Il testo è tratto da Joachim Du Bellay, Œuvres Poétiques, Classiques Garnier, Paris 1993, Tome II, pp. 25-31.