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SONGE

 

 di Joachim Du Bellay

 

nota e traduzione a cura di Salvatore Jemma

 

 

Joachim Du Bellay nasce nel 1522, nel castello della Trumelière nell’Anjou. Malaticcio, presto orfano e trascurato dal tutore, trascorre l’infanzia come in un sogno continuo, senza che nulla di rilevante gli accada. Cresciuto in una famiglia già famosa per aver dato i natali a guerrieri e diplomatici illustri, sperava di mettersi in mostra facendo carriera nell’esercito, sotto la protezione del cugino Guillaume de Langey; ma, con la morte di quest’ultimo, tale progetto svanì presto. Cercò allora di volgersi alla carriera ecclesiastica, sempre cercando la protezione di un altro parente, questa volta il cugino Jean Du Bellay, vescovo di Parigi e diplomatico. Per questo, intorno al 1545, studia diritto presso l’Università di Poitiers. Qui Joachim Du Bellay conosce i poeti Salmon Macrin, Peletiers du Mans e Ronsard; sempre a Poitiers, scrive le sue prime poesie latine e francesi.

Verso il 1547, assieme a Ronsard, lascia Poitiers alla volta di Parigi per seguire le lezioni dell’ellenista Jean Dorat. Sotto la direzione di Dorat, studia gli autori antichi, preferendo quelli latini mentre Ronsard prediligeva i greci. Studia anche la lingua italiana e scopre così Petrarca (la sua prima raccolta di sonetti, nel 1549, L’Olive, sarà composta alla maniera dei sonetti petrarcheschi). Sempre nel 1549, pubblica la Défense et illustration de la langue françoise, concepita assieme a Ronsard; i Vers lyriques, e la Recueil de Poésie.

Sfibrato da tanto lavoro, Du Bellay s’ammala e per due anni patisce grandi sofferenze; probabilmente, è in questo periodo che comincia a perdere l’udito. Combatte i suoi dolori con la lettura e lo studio degli autori greci e latini; da questi studi verrà la traduzione in decasillibi del quarto libro de L’Eneide (1552); di questo periodo è anche il Complainte du désespéré, che evoca certamente il crollo, a 30 anni, del suo stato fisico.

Nel 1553 il cardinale suo cugino, già caduto in disgrazia, è richiamato da Enrico II che stava facendo guerra a Carlo V, per intraprendere un negoziato con papa Giulio III. In quell’occasione, accetta di portare con sé Joachim Du Bellay come segretario. A Roma, sede non solo del papato ma anche il luogo dove ogni artista e letterato sognava di vivere, Joachim Du Bellay nutre la doppia ambizione di carriera professionale e di sviluppo artistico; purtroppo le sue illusioni vengono ben presto, e doppiamente, frustrate. Il cardinale lo incaricò di tenere a bada i creditori, che premevano alla porta del palazzo dove risiedeva (si era circondato di una corte di oltre cento persone) per essere pagati. Questo compito gli fece scoprire la turpitudine e la corruzione che dilagavano per la città pontificia. Per chi si era nutrito degli autori latini, questa scoperta fu una specie di disperata disillusione. Questo stato lo indusse a vegetare nel suo posto di intendente, mentre in Francia i suoi amici conoscevano il successo presso la corte reale, sì che la nostalgia per il suo Paese si fece di giorno in giorno sempre più forte (come è possibile leggere nel sonetto XXXI dei Regrets).

Al suo ritorno in Francia, nel 1557, Joachim Du Bellay vuole riprendere posto tra i poeti di corte. Pubblica quanto aveva composto a Roma: nel 1558 escono Les Antiquités de Rome (il libro contiene, oltre al poema eponimo, anche il poemetto Songe), Les Regrets, Poemata, Jeux rustiques; Le Poète Courtisan è del 1559.

Joachim Du Bellay muore un anno dopo, il 1° gennaio 1560, a 37 anni.

 

Songe è, si può dire, il giusto complemento a Les Antiquités, un sogno che si trasforma in incubo, dopo la disillusione patita nella città eterna; disillusione che la fece apparire, ai suoi occhi, da luogo che aveva dato i natali ai grandi autori dei quali si era nutrito poeticamente, ora solo come un ammasso di decadenti rovine.

 

 

 

 

 

I

 

C’estoit alors que le present des Dieux

Plus doucement s’ecoule aux yeux de l’homme,

Faisant noyer dedans l’oubly du somme

Tout le soucy du jour laborieux,

 

Quand un Demon apparut à mes yeux

Dessus le bord du grand fleuve de Rome,

Qui m’appellant du nom dont je me nomme,

Me commanda regarder vers le cieux:

 

Puis m’escria: Voy (dit-il) et contemple

Tout ce qui est compris sous ce grand temple,

Voy comme tout n’est rien que vanité.

 

Lors, cognoissant la mondaine inconstance,

Puis que Dieu seul au temps fait resistance,

N’espere rien qu’en la divinité.

 

II

 

Sur la croppe d’un mont je vis une Fabrique

De cent brasses de hault. Cent columnes d’un rond

Toutes de diamant ornoient le brave front:

Et la façon de l’œuvre estoit à la Dorique.

 

La muraille n’estoit de marbre ny de brique,

Mais d’un luisant crystal, qui du sommet au fond

Elançoit mille raiz de son ventre profonde

Sur cent degrez dorez du plus fin or d’Afrique.

 

D’or estoit le lambriz, et le sommet encor

Reluisoit escaillé de grandes lames d’or:

Le pavé fut de jaspe, et d’esmeraulde fine.

 

O vanité du monde! un soudaine tremblement

Faisant crouler du mont la plus basse racine,

Renversa ce beau lieu depuis le fondement.

 

III

 

Puis m’apparut une Poincte aguisee

D’un diamant de dix piedz en carré,

A sa hauteur justement mesuré,

Tant qu’un archer pourroit prendre visee.

 

Sur cest poincte une urne fut posee

De ce metal sur tous plus honnoré:

Et reposoit en ce vase doré

D’un grand Cesar la cendre composee.

 

Aux quatre coings estoient couchez encor

Pour pedestal quatre grands lyons d’or,

Digne tumbeau d’une si digne cendre.

 

Las rien ne dure au monde que torment!

Je vy du ciel la tempeste descendre,

Et fouldroyer ce brave monument.

 

IV

 

Je vy hault eslevé sur columnes d’ivoire,

Dont les bases estoient du plus riche metal,

A chapiteaux d’albastre, et frizes de crystal,

Le double front d’un arc dressé pour la memoire.

 

A chaque face estoit protraicte une victoire,

Portant ælles au doz, avec habit Nymphal,

Et hault assise y fut sur un char triomphal

Des Empereurs Romains la plus antique gloire.

 

L’ouvrage ne monstroit un artifice humaine,

Mais sembloit estre fait de celle propre main

Qui forge en aguisant la paternelle fouldre.

 

Las je ne veulx plus voir rien de beau sous les cieux

Puis qu’un œuvre si beau j’ay veu devant mes yeux

D’une soudaine cheute estre reduict en pouldre

 

V

 

Et puis je vy l’Arbre Dodonien

Sur sept costaux espandre son umbrage,

Et les vainqueurs ornez de son fueillage

Dessus le bord du fleuve Ausonien.

 

Là fut dressé maint trophee ancien,

Mainte despouille, et maint beau tesmoignage

De la grandeur de ce brave lignage

Qui descendit du sang Dardanien.

 

J’estois ravy de voir chose si rare,

Quand de paisans une troppe barbare

Vint oultrager l’honneur de ces rameaux.

 

J’ouy le tronc gemir sous la congnee,

Et vy depuis la souche desdaignee

Se reverdir en deux arbres jumeaux.

 

VI

 

Une Louve je vy sous l’antre d’un rocher

Allaictant deux bessons. Je vis sa mamelle,

Mignardement joüer ceste couple jumelle,

Et d’un col allongé la Louve les lecher.

 

Je la vy hors de là sa pasture chercher,

Et courant par les champs, d’une fureur nouvelle

Ensanglanter la dent et la patte cruelle

Sur le menu troppeaux pour sa soif estancher.

 

Je vy mille veneurs descendre des montagnes,

Qui bornent d’un costé les Lombardes campagnes,

Et vy de cent espieux luy donner dans le flanc.

 

Je la vy de son long sur la plaine estendue

Poussant mille sanglotz, se veautrer en son sang,

Et dessus un vieux tronc la despouille pendue.

 

VII

 

Je vy l’Oyseau, qui le Soleil contemple,

D’un foible vol au ciel s’avanturer,

Et peu à peu ses ælles asseurer,

Suivant encor le maternel exemple.

 

Je le vy croistre, et d’un voler plus ample

Des plus hauts monts la hauteur mesurer,

Percer la nuë, et ses ælles tirer

Jusques au lieu, où des Dieux est le temple.

 

Là se perdit. Puis soudain je l’ay veu

Rouant par l’air un tourbillon de feu,

Tout enflammé sur la plaine descendre.

 

Je vy son corps en poudre tout reduit,

Et vy l’oyseau, qui la lumiere fuit,

Comme un vermet renaistre de sa cendre.

 

VIII

 

Je vis un fier Torrent, dont les flots escumeux

Rongeoient les fondemens d’une vielle ruine:

Je le vy tout couvert d’une obscure bruine,

Qui s’éslevoit par l’air en tourbillons fumeux:

 

Dont se formoit un corps à sept chefz merveilleux,

Qui villes et chasteaux couvoit sous sa poittrine,

Et sembloit devorer d’une egale rapine

Les plus doulx animaux, et les plus orgueilleux.

 

J’estois emerveillé de voir ce monstre enorme

Changer en cent façon son effroyable forme,

Lors que je vy sortir d’un antre Scythien

 

Ce vente impetueux, qui soufle la froidure,

Dissiper ces nuaux, et en si peu que rien

S’evanouïr par l’air ceste horrible figure.

 

IX

 

Tout effroyé de ce monstre nocturne,

Je vis un Corps hydeusement nerveux,

A longue barbe, à longflottans cheveux,

A front ridé et face de Saturne:

 

Qui s’accoudant sur le ventre d’une urne,

Versoit une eau, dont le cours fluctueux

Alloit baignant tout ce bord sineux,

Où le Troyen combattit contre Turne.

 

Dessous ses piedz une Louve allaictoit

Deux enfançons: sa main dextre portoit

L’arbre de paix, l’autre la palme forte:

 

Son chef estoit couronné de laurier:

Adonc luy cheut la palme, et l’olivier,

Et du laurier la branche devint morte.

 

X

 

Sur la rive d’un fleuve une Nymphe esploree

Croisant les bras au ciel avec mille sanglotz

Accordoit ceste plainte au murmure des flotz,

Oultrageant son beau teinct, et sa tresse doree:

 

Las où est maintenant ceste face honoree,

Où est ceste grandeur, et cet antique los,

Où tout l’heur et l’honneur du mond fut enclos,

Quand des hommes j’estois, et des Dieux adoree?

 

N’estoit-ce pas assez que le discord mutin

M’eut fait de tout le monde un publique butin,

Si cet Hydre nouveau, digne de cent Hercules,

 

Foisonnant en sept chefz de vices monstrueux

Ne m’engendroit encor à ces bords tortueux

Tant de cruelz Nerons, et tant de Caligules?

 

XI

 

Dessus un mont une Flamme allumee

A triple pointe ondoyoit vers les cieux,

Qui de l’encens d’un cedre precieux

Parfumoit l’air d’une odeur embasmee:

 

D’un blanc oyseau l’ælle bien emplumee

Sembloit voler jusqu’au sejour des Dieux,

Et dégoisant un chant melodieux

Montoit au ciel avecques la fumee:

 

De ce beau feu les rayons escartez,

Lançoient par tout mille et mille clartez,

Quand le degout d’une pluie doree

 

Le vint esteindre. Ô triste changement!

Ce qui sentoit si bon premierement,

Fut corrumpu d’une odeur sulphuree.

 

XII

 

Je vy sourdre d’un roc une vive Fonteine,

Claire comme crystal aux rayon du soleil,

Et jaunissant au fond d’un sablon tout pareil

A celuy que Pactol’roule parmy la plaine.

 

Là sembloit que nature et l’art eussent pris peine

D’assembler en un lieu tous les plaisirs de l’œil:

Et là s’oyoit un bruit incitant au sommeil,

De cent accords plus doulx que ceulx d’une Sirene.

 

Le sieges et relaiz luisoient d’ivoire blanc,

Et cent Nymphes autour se tenoient flanc à flanc,

Quand des monts plus prochains de Faunes une suyte

 

En effroyables criz sur le lieu s’assembla,

Qui de ses villains piedz la belle onde troubla,

Mist les sieges par terre, et les Nymphes en fuyte.

 

XIII

 

Plus riche assez que ne se monstroit celle

Qui apparut au triste Florentin,

Jettant ma veüe au rivage Latin

Je vy de loing surgir une Nasselle:

 

Mais tout soudain la tempeste cruelle,

Portant envie à si riche butin,

Vint assalir d’un Aquilon mutin

La belle Nef des autres la plus belle.

 

Finablement l’orage impetueux

Fit abysmer d’un gouphre tortueux

La grand’richesse à nulle autre seconde.

 

Je vy sous l’eau perdre le beau thresor

La belle Nef, et les Nochers encor,

Plus vy la Nef se ressourdre sur l’onde.

 

XIV

 

Ayant tant de malheurs gemy profondement,

Je vy une Cité quasi semblable à celle

Que vit le messager de la bonne nouvelle,

Mais basty sur le sable estoit son fondament.

 

Il sembloit que son chef touchast au firmament,

Et sa forme n’estoit moins superbe que belle:

Digne, s’il en fut onc, digne d’estre immortelle,

Si rien dessous le ciel se fondoit fermement.

 

J’estois esmerveillé de voir si belle ouvrage,

Quand du costé du Nort vint le cruel orage,

Qui souflant la fureur de son cœur despité

 

Sur tout ce qui s’oppose encontre sa venüe,

Renversa sur le champs, d’une pouldreuse nüe,

Les foibles fondemens de la grande Cité.

 

XV

 

Finablement sur le poinct que Morphee

Plus veritable apparoit à noz yeux,

Fasché de voir l’inconstance des cieux,

Je voy venir la sœur du grand Typhee:

 

Qui bravement d’un morion cœffee

En majesté sembloit egale aux Dieux,

Et sur le bord d’un fleuve audacieux

De tout le monde erigeoit un trophee.

 

Cent Roys vaincuz gemissoient à ses piedz,

Les bras aux doz honteusement liez:

Lors effroyé de voir telle merveille

 

Le ciel encor je luy voy guerroyer,

Puis tout à coup je la vis fouldroyer,

Et du grand bruit en sursault je m’esveille.

 

 

SOGNO

 

I

 

Era il momento in cui, degli Dei, il ricordo

Dolcissimo, si versa negli occhi dell’uomo,

Facendo annegare nell’oblio del sonno

Tutti gli affanni di un giorno di lavoro,

 

Quando uno Spirito apparve agli occhi miei

Sopra la riva del gran fiume di Roma,

E chiamandomi col nome che io porto,

Mi ordinò di volgermi al cielo:

 

Poi mi gridò: Guarda (disse) e contempla

Tutto ciò che ricopre il tempio immenso,

Guarda come non c’è che vanità, nel tutto.

 

La terrena incertezza, allora, comprendendo

Poiché Dio solo sa annullare il tempo,

In nulla altro spero che non sia il divino.

 

II

 

Sul dorso di un monte vidi un Palazzo

Di cento braccia alto. Cento colonne attorno

Ognuna di diamante, ornavano il petto ardito:

Era, di quelle, Dorica la fattura.

 

La muraglia non era in marmo né in mattoni,

Ma cristallo lucente, e per tutta l’altezza

Sprizzava mille raggi dal suo ventre profondo

Su cento gradini dorati, dell’oro più fine d’Africa.

 

D’oro era vestito, e sulla cima pure

A scaglie, lucevano grandi lamine d’oro:

Di diaspro, il pavimento, e di fine smeraldo.

 

O vanità del mondo! Un terremoto improvviso

Scuotendo, del monte, la sua più fonda base

Rovesciò quel bel luogo dalle sue fondamenta.

 

III

 

Poi mi apparve una Punta talmente aguzza

Di un diamante di dieci piedi quadrati,

Misurata la sua altezza, con precisione,

Sì che un arciere la poteva usare.

 

Su questa punta un’urna fu posata

Del metallo, il più nobile di tutti:

E, in quell’anfora dorata, riposavano

Le ceneri composte d’un gran Cesare.

 

E poi ai quattro angoli giacevano

Quattro leoni d’oro grandi, a piedistallo,

Tumulo degno di sì degne ceneri.

 

Ahimè, non resta che il dolore al mondo!

Vidi scendere, dal cielo, la tempesta

E folgorare l’ardito monumento.

 

IV

 

Vidi innalzato su colonne in avorio,

Con basi fatte del più ricco metallo

E d’alabastro i capitelli, e fregi in cristallo,

Il duplice frontone di un arco, in memoria eretto.

 

Ogni facciata stendeva una vittoria,

Con ali sul dorso e la veste ninfale,

Assisa in alto sopra un carro trionfale,

Era l’antica gloria d’Imperatori Romani.

 

L’opera non mostrava umano artificio

Ma sembrava uscita davvero dalle mani

Che, tra le fiamme, forgiano la folgore paterna.

 

Non volli ahimè vedere, al mondo, null’altro di bello

Poiché una tale opera, che videro i miei occhi,

Fu ridotta in polvere da un improvviso crollo.

 

 

V

 

E vidi quindi l’Albero Dodoniano

Posto su sette colli, spandere la sua ombra,

E i vittoriosi ornarsi del suo fogliame

Sopra la riva del fiume d’Ausonia.

 

Là molti trofei eressero, alla vittoria

Spoglie in gran numero e molti bei segni

Della grandezza di quel lignaggio ardito

Che discendeva dalla schiatta dei Dardani.

 

Ero rapito nel vedere cosa assai rara

Quando certi cafoni, una barbara truppa,

Fece oltraggio alla dignità di quei rami.

 

Udii gemere il tronco per i colpi di un’ascia

E poi vidi quel ceppo indignato

Rinascere in due alberi gemelli.

 

VI

 

Vidi una Lupa, nell’antro d’una rocca,

Nutrire due gemelli. Con la mammella

Graziosamente giocava quella coppia,

E li lambiva la Lupa, allungando il collo.

 

La vidi, da lì lontano, cercare il suo cibo

Correndo per i campi e, con novello furore

Insanguinare il dente e la zampa crudele

Su un piccolo gregge, a placare la sete.

 

Mille cacciatori vidi, discendere i monti

Che a lato cintano le campagne Lombarde,

E centinaia di lance vidi, colpirla nel fianco.

 

La vidi sulla pianura, lunga distesa

Mille singulti emettere, rotolarsi nel sangue,

E sull’alto di un tronco la sua spoglia appesa.

 

 

VII

 

Vidi l’Uccello, che il Sole contempla,

Avventurarsi nel cielo con debole volo,

E, poco a poco, far sicure le ali,

Così ora seguendo l’esempio materno.

 

Lo vidi salire e, con volo più ampio,

Prender l’altezza dei monti più alti,

Spingendo le ali, penetrando le nubi

Fino a quel luogo che è sede agli Dei.

 

Là fu perduto. D’improvviso lo vidi

Roteare per l’aria in turbinio di fuoco

E, tra le fiamme, scendere a terra.

 

Vidi il suo corpo ridotto in cenere

E vidi l’uccello, che la luce fuggì,

Come un lombrico, da sue ceneri uscire.

 

VIII

 

Vidi un feroce Torrente, i suoi flutti schiumosi

Le fondamenta rodevano, d’un rudere antico:

Di misteriosa brina, tutto coperto lo vidi

Che, turbinando, s’alzò per l’aria fumosa:

 

Da ciò, meraviglia, uscì un corpo a sette teste,

Che fattorie e castelli richiuse nel suo petto,

E sembrò divorare con uguale rapina

Le più gentili bestie e quelle più fiere.

 

Ero stordito nel vedere l’enorme mostro

Che, in cento modi, mutava la spaventosa forma,

Allorché vidi uscire, da un antro di Sciti,

 

Ecco, impetuoso, un vento che soffia il gelo

E le nubi spazzare e, meno che in nulla,

L’orribile figura far svanire per l’aria.

 

IX

 

Così spaventato da quel mostro notturno,

Un Corpo vidi, orribilmente possente,

Con lunga barba, capelli lunghiondeggianti,

Rugosa la fronte, saturnino il viso:

 

Quello, accostandosi al seno di un’urna,

Acqua versava, col suo corso ondoso,

Che tutta bagnava quella riva sinuosa

Dove il Troiano lottò contro Turno.

 

Ai suoi piedi, una Lupa allattava

Due bambinetti: nella destra stringeva

L’albero della pace, la forte palma nell’altra:

 

Era, il capo, coronato dal lauro:

Caduti allora, a lui, la palma e l’olivo

Il ramo del lauro subito si morì.

 

X

 

Sulla riva di un fiume, una Ninfa piangente

Incrociava le braccia al cielo con mille singulti

E il suo pianto, intonato al mormorio dei flutti,

Sfregiava il colorito bello, la sua treccia dorata:

 

Ahimè, dov’è ora uno sguardo onorato,

Dove la grandezza e dove l’antica gloria,

Dove ogni fortuna e onore del mondo, rinchiusi,

Quando da uomini e Dei ero così adorata?

 

Non era sufficiente che la ribelle discordia

M’avesse, del mondo, fatta pubblica spoglia,

Se questa nuova Idra, degna di cento Ercoli,

 

Copiosa di sette teste, quelle dei vizi orrendi,

Genera ancora, per queste rive sinuose,

Tanti crudeli Nerone e così tanti Caligola?

 

XI

 

Una lucente Fiamma, sopra un monte

A tre punte, ondeggianti verso il cielo,

Quella, l’incenso di un cedro prezioso

Spargeva, balsamico, profumando l’aria:

 

Un bianco uccello, le ali belle piume

Pareva tentare la sede degli Dei, in volo,

E snocciolando un canto melodioso

Saliva al cielo assieme a quei vapori:

 

Del bel fuoco, i raggi scagliavano disgiunti,

Ovunque, mille e mille chiarori,

Quando l’avversione di una pioggia dorata

 

Riuscì a prostrarlo. Oh, triste mutamento!

Quello che era, prima, così buon aroma

Fu guastato da sulfureo odore.

 

XII

 

Vidi sorgere, da una roccia, un vivo Fonte

Chiaro come cristallo ai raggi del Sole,

E somigliava, giallendo sul sabbioso fondo,

A ciò che Pattolo stende tra la piana.

 

Pareva che natura e arte si fossero degnati, là,

Di riunire in un luogo ogni piacere per l’occhio:

E là s’udiva un brusio conciliante il sonno,

Di cento accordi dolci, più che una Sirena.

 

Seggi e spuntoni lucevano d’avorio bianco,

E cento Ninfe intorno stavano fianco a fianco,

Quando, dai monti più prossimi, un corteo di Fauni

 

Con grida spaventose s’aggruppò in quel luogo,

Turbando, coi loro piedi volgari, le belle onde

I seggi sbalzarono a terra e le Ninfe misero in fuga.

 

XIII

 

Più ricca ancora di quella che, mostrandosi,

Apparve al triste Fiorentino,

Lanciando il mio sguardo alla riva Latina,

Vidi una Navicella sorgere lontano:

 

Ma sì tosto la crudele bufera,

Invidiando un tal ricco bottino,

Assalì col ribelle Aquilone

La bella Nave, la più bella fra tutte.

 

Alla fine, l’impetuosa tormenta

Inabissò in una fossa sinuosa

La gran ricchezza, a nessuna seconda.

 

Vidi perdersi nell’acqua il bel tesoro,

La bella Nave e pure i Nocchieri,

Poi vidi la Nave risorgere dall’onda.

 

XIV

 

Avendo intensamente sofferto tanti dolori,

Vidi una Città quasi simile a quella

Che vide il messaggero della buona novella,

Ma sulla sabbia erano, le fondamenta, erette.

 

Pareva che il suo apice sfiorasse il firmamento,

E non era, la sua forma, meno superba che bella:

Degna, se lo fu mai una, d’immortalità degna,

Se nulla, sotto il cielo, dura perennemente.

 

Ero sbalordito, ammirando un’opera sì bella,

Allorché, dalla costa Nord, calò un crudele uragano

Che soffiando furore dal suo cuore rabbioso

 

Su tutto ciò che incontro al suo cammino stava,

Subito ribaltò, in polverosa nube,

Le fondamenta fragili della grande Città.

 

XV

 

Alla fine, nel momento in cui Morfeo

Più reale appare ai nostri occhi,

Afflitto nel vedere l’infedeltà dei cieli,

Del gran Tifeo, la sorella vedo arrivare:

 

Arditamente, quella, il capo d’un morione cinto

Per maestà, pareva agli Dei uguale,

E sulla riva di un audace fiume

Eresse un trofeo sopra il mondo.

 

Cento Re vinti gemevano ai suoi piedi

Le braccia incatenate, con infamia, al dorso:

Turbato nel vedere, allora, tale meraviglia

 

Ancora vedo il cielo fare a lei guerra,

Poi, di botto, la vedo folgorare

E, dal rumore, di colpo mi sveglio.

 


 

 Il testo è tratto da Joachim Du Bellay, Œuvres Poétiques, Classiques Garnier, Paris 1993, Tome II, pp. 25-31.

 

 

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